Des études scientifiques récentes démontrent un lien direct entre la consommation fréquente d’aliments ultra-transformés (AUT) et une augmentation significative des maladies chroniques. Or, alors que le gouvernement français publiera une stratégie nationale visant à améliorer l’alimentation, cette démarche néglige les mesures essentielles pour limiter ces produits, qui représentent déjà plus de 30 % des apports énergétiques quotidiens en France.
Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et co-auteure de travaux sur la cohorte NutriNet-Santé, souligne que chaque augmentation de 10 % dans la consommation d’AUT entraîne un risque accru de diabète de type 2 (jusqu’à 25 %), de dépression (23 %) et d’obésité (21 %). Une analyse récente, publiée en novembre 2025 dans The Lancet, confirme que plus de la moitié des études scientifiques examinant ce lien montrent un impact clair sur les maladies cardiovasculaires et la mortalité.
Les associations comme France Assos Santé et la Fédération française des diabétiques (FFD) réagissent avec urgence. Le document stratégique national, publié le 11 février dernier sous le nom de SNANC, ne propose aucune limite concrète pour les AUT, malgré les alertes des chercheurs. L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), en revanche, a tenté d’éliminer le terme « ultra-transformation » du document, qualifiant toute mesure de restriction comme « anti-science ».
Pour faire face à cette situation, des applications telles que Open Food Facts permettent désormais d’identifier les produits les plus transformés. Les experts recommandent également d’introduire un système de marqueur rouge dans le Nutri-Score afin de signaler clairement les AUT aux consommateurs. Une étude en cours, prévue pour être publiée en juin, devrait apporter des solutions concrètes pour réduire ces risques sans détourner l’attention vers des politiques non applicables.
Le temps est à l’action : chaque décision retardée aggrave la menace sur la santé publique, et les Français ne peuvent plus attendre de nouvelles promesses sans mesures immédiates.