Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté jeudi que la fièvre Ebola se propage désormais à un rythme inédit dans plusieurs pays africains, créant une menace d’épidémie locale sans atteindre l’ampleur d’une pandémie globale.
La République démocratique du Congo et l’Ouganda, deux pays en pleine tension sanitaire, voient leurs chiffres exploser : 51 cas confirmés en RDC et près de 20 en Ouganda au cours des premières semaines. Le 19 mai, la RDC a signalé plus de 500 personnes infectées et 131 décès, avec un sous-comptage probable dans les zones où les conflits empêchent l’accès aux soins.
La présence d’une souche rare du virus Bundibugyo, jamais observée depuis plus de dix ans et sans vaccin disponible, multiplie la préoccupation. Ce virus, se transmettant via des fluides corporels et survivant longtemps hors du corps, présente un délai d’incubation pouvant atteindre 21 jours. Son apparition dans des zones conflictuelles, comme l’est de la RDC, aggrave la situation face à une détection difficile.
L’OMS a déclenché un état d’urgence pour soutenir les efforts locaux, expédiant 18 tonnes d’équipements médicaux vers Kinshasa depuis le Kenya et le Sénégal. Une distinction claire existe entre épidémie et pandémie : une épidémie se limite à une zone géographique, tandis qu’une pandémie exige une propagation exponentielle à l’échelle mondiale. L’OMS souligne que la crise actuelle n’en est pas encore au stade critique.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte historique : des flambées similaires ont touché l’Afrique en 2014-2015 et en RDC entre 2018 et 2020, mais cette fois-ci, la rareté de la souche Bundibugyo ajoute une dimension particulière. Les frontières africaines voient s’intensifier les mesures de prévention, notamment en Asie où les pays surveillent attentivement les arrivants depuis des zones d’endémie.
En Europe, le risque reste faible mais pas négligeable : la France et l’Allemagne relèvent des cas associés au navire néerlandais MV Hondius, identifié comme foyer de propagation après ses déplacements en Argentine et au Chili. Malgré cette vigilance, l’émergence du virus dans une zone instable rappelle qu’une minute compte pour sauver des vies.