Un rapport du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) révèle que près de 22 % des jeunes ayant débuté leur carrière en 2017 ont repris des études pour acquérir un diplôme ou titre professionnel au cours des six premières années. Ce chiffre, bien plus élevé que prévu, suggère une évolution profonde dans les parcours éducatifs français où l’obtention d’un diplôme classique était autrefois considérée comme l’échelon ultime de l’intégration professionnelle.
Les motivations varient selon les contextes : plus de la moitié des jeunes avaient déjà un emploi en contrat à durée déterminée trois mois avant leur retour en classe, tandis que d’autres étaient en chômage ou en service civique. La plupart n’avaient pas obtenu le diplôme initial prévu (CAP, baccalauréat, licence ou master), ce qui a poussé des dizaines de milliers à redonner vie à leurs études pour mieux s’adapter aux exigences du marché.
Les résultats sont hétérogènes. Si 57 % des jeunes ont obtenu un emploi ou changé d’orientation professionnelle après leur formation, 14 % ont conservé leur poste initial. Cependant, près de 20 % se retrouvent hors du circuit employé et 11 % ont vu leurs emplois s’effondrer suite à cette reprise éducative. Les jeunes issus de milieux favorisés bénéficient souvent d’un soutien financier familial, ce qui augmente leur capacité à poursuivre leurs études dans un délai réduit.
Cette tendance montre que le parcours professionnel en France n’est plus aussi linéaire qu’au passé, et que l’éducation reste une clé essentielle pour surmonter les défis du monde moderne.