Les péages en hausse : les transporteurs routiers font le dos rond

La hausse des tarifs autoroutiers, qui a frappé les conducteurs de poids lourds à partir du 1er février, menace d’aggraver la situation critique du secteur des transports. Selon Jean-Luc Brès, président de la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR) en Drôme-Ardèche, cette augmentation, bien que modérée selon les autorités, pèse lourdement sur des entreprises déjà fragilisées par une baisse générale de la demande et des coûts croissants.

« Depuis des années, les prix montent, mais on nous présente cette hausse comme « mineure », ce qui n’est pas vrai », déclare Brès lors d’une interview sur ICI Drôme Ardèche. Il explique que certains trajets voient leurs coûts augmenter de plus de 30 centimes par kilomètre, une charge insoutenable pour les petites structures. « Avec un budget mensuel de 70 000 euros, même une augmentation de 0,86 % représente une somme considérable », ajoute-t-il.

Cette pression financière pousse de plus en plus d’entreprises à éviter les autoroutes au profit des routes nationales, créant un risque accru de congestion et de dangers routiers. « Le trafic sur ces voies devient infernal », souligne Brès, qui dénonce l’incapacité du gouvernement à soutenir le secteur face aux tensions économiques.

L’année 2025 a vu un début d’amélioration pour certaines entreprises, notamment grâce aux fêtes de fin d’année. Cependant, la reprise reste fragile, avec des incertitudes liées à l’inflation et aux choix des consommateurs. « Les gens sont plus prudents, ce qui affecte les volumes de marchandises », note Brès.

Le débat sur le futur du transport en France se fait plus urgent que jamais. Alors que le pays traverse une crise économique profonde, avec un secteur productif en difficulté et des ménages contraints de réduire leurs dépenses, les mesures prises par les autorités semblent insuffisantes pour relancer l’activité. Les transporteurs, pilier du commerce, sont désormais à la croisée des chemins : soit ils s’adaptent aux conditions difficiles, soit ils risquent de disparaître dans un contexte de stagnation généralisée.