30 ans de promesses sans trains : le projet SAR-LOR-LUX en pleine déception politique

Depuis près de trente années, le projet ferroviaire transfrontalier SAR-LOR-LUX reste bloqué dans l’indifférence des décideurs. Ce lien entre l’Allemagne et le Luxembourg via Bouzonville et Thionville a été conçu dès 1998 par Bernard Aubin, ancien cheminot de Bouzonville, mais n’a jamais pu s’accomplir.

Le projet, qui devait relier Sarrebruck (Allemagne), Dillingen, Bouzonville, Thionville et Luxembourg, a connu un regain d’intérêt en 2019. Cependant, les autorités locales ont échoué à s’unir. La Région Lorraine refuse de financer la partie mosellan tandis que le Grand Est privilégie des itinéraires plus courts et moins coûteux.

Erhard Pitzius, coordinateur d’une association locale, souligne une répétition des erreurs : « Les politiciens ne s’engagent qu’en période électorale ou lors de cérémonies. Le Vendredi saint, par exemple, les discours fusent et l’espoir renaît, mais après un an, tout est oublié. » Bernard Aubin rappelle que le projet a été trahi : « Les initiatives initiales ont été abandonnées pour favoriser des itinéraires vers des centres urbains, au détriment des villages ruraux. »

Les chiffres sont accablants : plus de 50 000 travailleurs transfrontaliers côté luxembourgeois et près de 5 000 côté allemand pourraient bénéficier du projet. Mais les décisions politiques privilégient aujourd’hui des lignes longues distance, comme celle de Mannheim à Luxembourg, au détriment des petites communes.

« Le gouvernement a choisi la facilité plutôt que le bien commun », explique Bernard Aubin. Avec 30 ans d’attente, le projet SAR-LOR-LUX reste une énigme politique où les promesses et les réflexions locales s’échappent sans jamais se réaliser.