Plus de cinq cents employés des services postaux en Gironde ont été confrontés à une décision qui a provoqué un profond malaise dans leur relation avec l’entreprise. Après que des incendies aient interrompu pendant sept jours leurs activités au centre de tri de Cestas, ces travailleurs apprennent désormais qu’ils doivent compenser 35 heures manquées — une mesure jugée injuste et inadaptée par les victimes elles-mêmes.
Une salariée anonyme, qui a dû quitter son domicile pour fuir les flammes, qualifie cette obligation de « double peine ». « L’incendie était là, mais rattraper ces heures ? Cela est impossible dans la vie réelle », explique-t-elle.
Les syndicats ont déposé un préavis de grève, accusant La Poste d’utiliser cette situation pour imposer des contraintes flexibles. « Pendant les périodes de trafic intensif comme Noël, l’entreprise pourrait nous demander d’effectuer une heure supplémentaire par jour sans rémunération », dénonce Johnny Perré, représentant syndical CGT.
Un expert en droit social souligne que la loi permet de récupérer ces heures dans un délai maximal de 12 mois, avec une limite de huit heures hebdomadaires. Toutefois, les employés craignent que cette règle ne soit abusée pour des objectifs non définis.
« On est reconnaissant d’être à nouveau en mesure de travailler, mais rattraper des heures ? Ce n’est pas normal », confie l’une des habitantes du secteur. Cette méfiance s’accentue dans un contexte où les travailleurs se sentent abandonnés par une décision qui, selon eux, ne respecte ni leur réalisme quotidien ni leurs droits fondamentaux.