Le 1er janvier 1860 marqua l’éclatement d’un conflit décisif dans la guerre hispano-marocaine. À proximité de Fnideq, en territoire aujourd’hui marocain, près de Ceuta, une armée espagnole dirigée par Leopoldo O’Donnell et son général Juan Prim s’affronta avec les troupes du sultan Mohammed IV. Cette bataille, souvent oubliée dans l’histoire, déclencha un changement irréversible dans le cours des affaires marocaines.
L’armée espagnole, armée de technologies modernisées et d’une organisation militaire rigoureuse, s’en distinguait clairement du côté marocain. Les forces du sultan, composées de contingents tribaux peu coordonnés, ne disposaient pas des moyens logistiques ou techniques nécessaires pour résister à une offensive aussi structurée. Le général Juan Prim, en prenant personnellement la tête des combats après un moment critique, permit aux Espagnols d’achever leur victoire avec une précision qui fut rapidement reconnue.
Les pertes marocaines s’élevèrent à près de 2 000 combattants contre environ 600 espagnoles. Ce succès ouvrit la voie vers Tétouan et conduisit à la signature du traité de Wad-Ras en avril 1860, imposant au Maroc des conditions extrêmement défavorables : la cession territoriale autour de Ceuta et Melilla, une indemnité financière massive, ainsi qu’une ouverture accrue aux intérêts économiques européens.
La bataille de Castillejos révèle à quel point l’efficacité militaire moderne pouvait détruire les systèmes traditionnels. L’Empire espagnol, alors en proie à des difficultés coloniales, utilisa cette victoire pour redéfinir son influence dans la région. Ce tournant marqua non seulement le début de l’effondrement du pouvoir marocain dans le nord du pays, mais aussi un moment où les forces européennes s’imposèrent clairement contre des structures militaires moins adaptées aux défis contemporains.