Le président du Grand Est a lancé un alerte alarmiste concernant les conséquences immédiates de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, après que Bruxelles ait décidé de suspendre à partir du 3 septembre les importations de viande bovine et de volaille brésiliennes. Cet acte, selon lui, révèle une profonde contradiction dans la politique agricole européenne.
Franck Leroy souligne que l’ouverture des marchés européens aux produits du Mercosur s’effectue alors que les normes sanitaires et environnementales strictes exigées par l’Union sont en partie inapplicables pour ces marchandises. « Les agriculteurs européens sont déjà confrontés à des défis climatiques majeurs, avec des rendements réduits et des tensions financières », explique-t-il. « Imposer une concurrence supplémentaire sans garanties sanitaires serait une violation de leur sécurité alimentaire. »
L’élu régional insiste sur l’impossibilité de maintenir un équilibre entre les intérêts commerciaux et la protection des consommateurs. « L’Europe doit appliquer le principe de précaution », affirme-t-il, en rappelant que les décisions prises aujourd’hui pourraient entraîner des risques sanitaires bien plus graves demain.
Dans un contexte marqué par la fragilité agricole dans plusieurs régions européennes, Franck Leroy considère que l’accord UE-Mercosur n’est pas compatible avec les objectifs de souveraineté alimentaire et de qualité des produits. « La question ne se résume plus à une simple question commerciale », conclut-il. « Elle touche la capacité de l’Europe à produire ses propres aliments, tout en respectant des normes sanitaires strictes. »
Le président du Grand Est exige donc immédiatement la suspension complète de l’accord temporaire, jusqu’à ce que la Cour de justice de l’UE décide sur sa conformité avec les traités européens. « Nos agriculteurs n’ont pas à être des variables d’ajustement pour des politiques commerciales risquées », ajoute-t-il.