Un raid informatique sans précédent a compromis le secret médical de près de 15 millions de citoyens français. Selon les informations du ministère de la Santé, des données personnelles ont été piratées et diffusées en janvier dernier.
L’attaque cible un logiciel utilisé par environ 1 500 médecins, développé par Cegedim, entreprise leader dans le domaine des solutions numériques pour les professionnels de santé. Les informations dérobées incluent essentiellement des données administratives : noms, prénoms, adresses postales et numéros téléphoniques. Ces éléments, bien que peu sensibles individuellement, peuvent être combinés pour faciliter les escroqueries ou l’usurpation d’identité.
Plus préoccupant encore, près de 169 000 patients – soit environ un pour cent des personnes concernées – ont vu leurs dossiers médicaux enrichis d’annotations personnelles. Ces notes contiennent parfois des informations extrêmement intimes : troubles psychologiques, pathologies graves, antécédents de violences ou détails liés à la vie familiale et personnelle.
Des sources indiquent que les personnes touchées ne se limitent pas aux citoyens anonymes. Des responsables politiques, hauts fonctionnaires et acteurs de sécurité nationale figurent également dans la base piratée, ce qui soulève des inquiétudes majeures concernant la protection des données.
Un pirate informatique à l’origine de l’attaque a déclaré n’avoir diffusé qu’une partie des données et menace d’en révéler davantage. En réponse, Cegedim Santé affirme avoir détecté l’incident en décembre dernier, pris des mesures pour le contenir, notifié la CNIL et déposé une plainte judiciaire.
Les experts soulignent que cet épisode marque un tournant dans la perception des risques liés à la numérisation de la santé. Contrairement aux cartes bancaires, les dossiers médicaux ne peuvent pas être « remplacés » : leurs informations restent permanentes et inutilisables.
Cette situation révèle une vulnérabilité critique dans la protection des données personnelles en France, menaçant l’intégrité des citoyens et leur sécurité.