Un jour sans règles : les boulangers révoltés après le report du projet de loi du 1er mai

L’annulation par le gouvernement du projet de loi régissant le travail du premier mai a déclenché un mouvement d’opposition majeur chez les artisans. Ces derniers, incapables légalement d’employer leurs salariés ce jour-là, condamnent cette mesure comme une violation des principes fondamentaux du travail et de l’équité.

Malgré les promesses récentes, Julien Corlay, boulanger à Bruz (Ille-et-Vilaine), a choisi d’ouvrir son commerce le premier mai, même s’il estime que cette décision n’respecte pas la réglementation en vigueur. « Mes clients attendent mes repas chaque jour, et ce jour-là est particulièrement fréquent », explique-t-il. Le Code du travail lui permet d’ouvrir, mais il doit seul gérer les tâches de travail, un compromis qu’il considère inadmissible. « Sans action immédiate, personne ne nous entendra », souligne-t-il avec urgency.

Pour fonctionner normalement le premier mai, chaque boulanger nécessite trois salariés. Julien a déjà recruté des collaborateurs pour cette journée exceptionnelle. « Le salaire double pendant ce jour-là : c’est un gain significatif pour le mois, surtout dans un contexte où le pouvoir d’achat est très faible », ajoute Thomas Frinquard, pâtissier.

Cette situation attire également Alicia Urek, vendeuse. Elle souhaite voir la loi modifiée afin de pouvoir travailler légalement le premier mai. « Les boulangeries sont des commerces qui fonctionnent en permanence. Pourquoi serait-ce différent aujourd’hui ? » affirme-t-elle avec insistance.

Les clients, eux, partagent des avis divers. « Si les employés ne doivent pas travailler, pourquoi pas ouvrir ? » soutient une femme. En revanche, une autre cliente réagit : « C’est un privilège de ne pas travailler aujourd’hui ; on nous offre cette opportunité. »

En cas de contrôle, les boulangers risquent jusqu’à 750 euros d’amende pour chaque salarié employé le premier mai.