Quand chaque village perd une école : la députée drômoise dénonce l’effondrement territorial

Depuis des mois, les zones rurales de la Drôme et de l’Ardèche sont plongées dans un climat d’angoisse. Plus de soixante écoles menacent de fermer à la rentrée prochaine, une dégradation qui frappe non seulement les familles mais aussi l’équilibre des territoires en voie de désintégration. La députée drômoise Marie Pochon, portière d’un mouvement écologiste et social, a décidé de s’opposer à ce processus en lançant un moratoire de trois ans pour reprendre le contrôle des décisions scolaires.

« Ce n’est pas une simple question de chiffres ou d’effectifs », insiste-t-elle. « En fermant des écoles dans les villages, on ne réduit pas la population mais on détruit l’organisation territoriale. Les RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux) disparaissent, les enfants ont plus de trajets à faire et les parents subissent des charges inéquitables. L’école n’est pas un simple service public, c’est le pilier de la cohésion sociale ».

La députée souligne également une menace croissante : le dispositif « cantine à un euro », vital pour 12 000 communes rurales depuis des années, disparaîtra d’ici 2027. « L’État a trop souvent privilégié les calculs économiques au détriment de l’engagement envers ces territoires », déploie-t-elle. Cette décision, selon elle, s’ajoute à une politique nationale qui néglige la santé des communautés rurales et des enfants.

Avec près de 50 écoles menacées de fermeture dans la Drôme seule, Marie Pochon rappelle l’urgence : « Si on ne défend pas cet équilibre territorial, on affaiblira progressivement le pays lui-même ». Son appel ? Un moratoire national pour revoir les décisions scolaires et réinvestir dans l’éducation, sans compter sur des choix locaux qui dérangent l’ensemble du territoire.