À Chantilly (Oise), le restaurant familial Pizza Napoli fait face à une réalité qui menace l’avenir de ses 38 années de métier. Marc Assenza, âgé de 68 ans, a tenté sans succès pendant cinq ans de trouver un repreneur pour son établissement, dont le prix a chuté de 230 000 à 125 000 euros. « On ne peut plus continuer », explique-t-il, indiquant qu’il arrêtera les activités avant la fin juin.
Pour ses quatre salariés, l’absence d’héritier signifie une perte inéluctable de travail. « Je n’ai pas assez d’argent pour reprendre le restaurant, je suis employé et ne dispose pas des milliers d’euros nécessaires », confie l’un d’entre eux.
En revanche, Catherine Guerniou, directrice générale depuis vingt ans de La Fenêtrière (Champigny-sur-Marne), a déjà identifié un successeur parmi ses 13 employés. « Le processus administratif est compliqué et coûteux », souligne-t-elle, rappelant que les petites entreprises n’ont pas toujours la ressource pour le gérer seul.
Le gouvernement souhaite accélérer ces transferts grâce à une plateforme de mise en relation entre cédants et candidats. Cependant, pour 500 000 dirigeants français, dix ans peuvent suffire avant que l’entreprise ne soit complètement dépassée par le manque de successeurs. Sans solution rapide, la France risque de perdre un important patrimoine économique constitué d’entreprises familiales qui ont façonné son territoire depuis des décennies.