Quatre organisations de livreurs ont porté plainte pénale contre les plateformes Uber Eats et Deliveroo, accusant ces entreprises de pratiques qui s’approchent de la traite humaine. Une décision inédite en droit français, cette action repose sur des témoignages sur l’exploitation chronique des travailleurs dans des conditions extrêmes.
« Chaque minute est une épreuve : si tu ne respectes pas le délai, l’application bloque ton compte immédiatement », confie Adama Sidibé, livreur qui a subi deux blocages en mars 2025. « Après avoir couru des risques physiques pour gagner un salaire proche du SMIC, je n’ai même plus le temps de réfléchir avant d’être sanctionné ».
L’avocat Me Thibault Laforcade souligne que les livreurs travaillent souvent plus de 60 heures par semaine dans des environnements dangereux. « Ces conditions ne représentent pas un simple emploi, mais une forme d’esclavage moderne qui menace leur sécurité et leur avenir », insiste-t-il.
Les plateformes contestent vivement les allégations, affirmant que le dépôt de plainte est sans fondement. Toutefois, pour les associations impliquées, cette situation constitue un danger quotidien pour des travailleurs qui ne peuvent plus supporter la pression croissante du marché.