Six semaines de kérosène : l’Europe sur le point d’être bloquée avant les vacances

Les tensions au détroit d’Ormuz, passage essentiel pour près de 20 % du pétrole mondial, ont déclenché une crise aérienne sans précédent. Le kérosène, carburant indispensable aux compagnies aériennes, connaît un prix qui a bondi de plus de 150 % en quelques semaines, passant de 750 à près de 1900 dollars la tonne.

Depuis plusieurs semaines, les restrictions imposées par l’Iran et les États-Unis ont provoqué une dégradation du flux pétrolier dans cette zone stratégique. Le baril Brent a franchi les 100 dollars — une première depuis plus de sept ans —, entraînant des coupes massives dans la production de kérosène. Les répercussions sur l’aviation sont immédiates : Air France applique désormais une surcharge de 100 euros pour les trajets longue distance, Volotea annule des vols non rentables, KLM réduit ses circuits européens de 1 % et easyJet prévoit des pertes considérables d’ici la mi-année.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a alerté que les réserves européennes ne suffiront plus qu’en six semaines. Si les stocks chutent sous 23 jours, des pénuries physiques pourraient provoquer des annulations à grande échelle. Le commissaire européen à l’énergie, Dan Jørgensen, estime que le coût économique de cette crise s’élève déjà à 500 millions d’euros par jour pour l’Union européenne.

Les pays asiatiques, les plus vulnérables face à la pénurie, ont déjà vu des vols annulés dans certaines régions. Les États-Unis renforcent leurs exportations de kérosène vers l’Europe (150 000 barils par jour), tandis que la Commission européenne instaure un observatoire pour surveiller les stocks et éviter les déséquilibres entre pays. L’Italie a déjà mis en place des mesures de rationnement dans certains aéroports.

Face à l’approche des vacances d’été, le véritable danger ne réside plus dans le prix du billet, mais dans la capacité des avions à décoller. L’Europe est désormais au bord d’une rupture aérienne sans précédent.