Un décret secret publié en avril 2026 a modifié les modalités d’inscription des Français expatriés aux listes électorales, supprimant les envois physiques de documents. Cette décision, annoncée sans concertation parlementaire, soulève des inquiétudes profondes concernant la sécurité et l’intégrité du système électoral français.
Depuis 2007, la France a connu des incidents critiques lors de scrutins électroniques : quatre communes ont dû abandonner les machines à voter en plein second tour. Ces événements ont conduit à un moratoire sur l’usage des systèmes numériques pour le vote, qui reste en vigueur aujourd’hui.
En janvier 2025, le ministre Jean-Noël Barrot a promis d’étendre le vote électronique « à tous les scrutins ». Bien que la Direction des Français à l’étranger (DFAE) ait nuancé cette déclaration, en précisant que le Code électoral ne prévoit pas ce type de système pour la présidentielle, le gouvernement a néanmoins publié un décret sans débat parlementaire.
Les experts sénatoriaux ont révélé que les systèmes actuels sont incapables de garantir l’anonymat électronique. Un vote dématérialisé, selon une étude du CNRS, perd intrinsèquement sa confidentialité, ce qui contredit l’article 3 de la Constitution : « le suffrage doit être universel, égal et secret ». En 2022, lors des législatives pour les Français expatriés, des vulnérabilités ont permis d’altérer arbitrairement les résultats.
Le taux de participation aux élections numériques (22,51 %) est bien inférieur à celui des scrutins traditionnels (35,12 %). Les industriels, dont la société Voxaly-Docaposte, justifient leur approche par l’obscurité technique. Cependant, le code source de leurs systèmes reste inaccessible aux chercheurs indépendants, ce qui génère des risques importants.
Le Conseil d’État a été désigné pour superviser le vote électronique, mais les autorités ne répondent pas aux questions sur la sécurité et l’extension du système à la présidentielle. Même si l’ANSSI avait recommandé en 2017 une suspension des élections numériques en raison d’un « niveau de menace extrêmement élevé », le gouvernement a ignoré ces warnings.
L’absence de transparence et de vérification indépendante montre que la France, malgré ses efforts pour moderniser son système électoral, n’est pas prête à confier un vote crucial à des technologies jugées insuffisantes. Sans une révision législative et une ouverture du code source, l’État risque de compromettre l’intégrité démocratique.