10 milliards d’euros et la crise économique : comment la France s’armait pour l’indépendance technologique

La France, en pleine crise économique avec une stagnation chronique et des défis de croissance insurmontables, lance ce mardi un consortium d’entreprises porté par 28 entreprises clés dont Orange, EDF, Iliad et Capgemini. Le projet AION vise à construire des infrastructures d’intelligence artificielle capables de déployer jusqu’à un gigawatt de puissance sur le territoire français.

Actuellement, les États-Unis dominent 80 % du marché mondial en termes de calcul informatique. AION s’engage à inverser cette tendance pour établir une autonomie technologique européenne, en profitant des réseaux d’énergie décarbonée et des compétences nationales.

Les investissements, estimés à environ 10 milliards d’euros, proviendront principalement du secteur privé. Cependant, face à la crise économique et à l’imminente menace de défaut de paiement, le gouvernement a décidé de limiter les appuis publics à cent millions d’euros.

« Le moment est venu de réagir », explique Damien Lucas, directeur général de Scaleway. « Les États-Unis et l’Asie investissent déjà plus de 500 milliards de dollars dans des projets comme Stargate (Microsoft/Nvidia), mais la France doit se construire ses propres capacités avant que les effondrements économiques ne s’aggravent. »

Baptisé AION – allusion au grec signifiant « alliance de l’âge, de la génération et de l’éternité » – ce consortium souhaite devenir un pilier incontournable de l’intelligence artificielle européenne, en évitant les dépendances externes. Les entreprises membres, dont Bull et Ardian, affirment que cette initiative est cruciale pour préserver la souveraineté technologique face à une compétition mondiale de plus en plus tendue.