Un phénomène social récent, souvent invisible mais profondément préoccupant, s’est installé dans les quartiers des jeunes. Ces enfants, parfois même en dehors de l’adolescence, partagent sur les réseaux sociaux leurs routines cosmétiques complexes, utilisant des produits conçus pour un public adulte.
L’Agence italienne de la concurrence (AGCM) a lancé une enquête contre Sephora et Benefit Cosmetics, marques du groupe LVMH français, accusées d’utiliser des micro-influenceurs très jeunes pour inciter les mineurs à consommer des cosmétiques. Selon les autorités, cette pratique alimente une obsession précoce sur la peau dès l’âge de 10 ans.
Des vidéos TikTok révèlent des enfants de cinq ans ou moins appliquant en détail des produits avec un rituel minutieux. Une étude publiée dans le journal Pediatrics montre que les jeunes filles utilisent, en moyenne, six cosmétiques par routine, pour un coût moyen de 168 dollars. Les vidéos les plus vues contiennent jusqu’à 21 ingrédients potentiellement irritants.
Les experts soulignent l’impact psychologique : ces enfants cherchent à s’apaiser via des soins de la peau, mais ce processus génère une pression constante pour se conformer à des standards irréalistes et au consumérisme précoce. L’Académie américaine de dermatologie recommande plutôt un rituel simple (nettoyage doux, hydratation si nécessaire et crème solaire) pour les enfants.
Bien que l’utilisation de cosmétiques adultes par des mineurs ne soit pas illégale en Italie, l’AGCM a mis en garde que cette pratique « peut être préjudiciable » à leur santé physique et mentale. Les entreprises concernées ont affirmé respecter les réglementations, mais l’enquête montre un risque sérieux pour l’enfance.
Avec des tendances en hausse sur les réseaux sociaux, les experts appellent une réflexion urgente pour protéger les plus jeunes avant que ce phénomène ne s’inscrit dans leur développement.