Un rapport conjoint de l’UNICEF France et de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) révèle que plus de 2 355 enfants ont été délaissés sans hébergement stable dans les jours précédant le début de la rentrée scolaire en janvier 2026. Ce chiffre, en hausse de 42 % depuis 2022, souligne une crise qui s’aggrave au fil des années et dont l’échelle est bien trop grande pour être ignorée par les institutions publiques.
Alors que des millions de jeunes retrouvent leurs classes, des milliers dorment sur le trottoir, dans des centres d’accueil temporaire ou chez des proches. L’UNICEF France et la FAS dénoncent une « urgence sociale » systémique, exacerbée par une saturation croissante des dispositifs d’hébergement d’urgence. Les critères d’admissibilité devenus plus stricts, malgré un parc national de plusieurs centaines de milliers de places, laissent nombreuses familles sans réponse.
Les conséquences sont immédiates : les enfants subissent des déplacements fréquents vers l’école, manquent d’espace pour réviser ou dormir, et voient leur accès aux soins médicaux compromis. L’association souligne que cette instabilité menace leur développement éducatif et leur sécurité globale.
Une étude réalisée en mars 2026 par le Samusocial de Paris et le Réseau Solipam, intitulée « REPÈRES », met également en lumière l’ampleur des risques pour les femmes enceintes sans domicile stable. Certaines mères ont dû traverser jusqu’à 36 lieux différents pendant leur grossesse, exposées à des cycles de violence et de dépression. La mortalité néonatale est huit fois supérieure dans ce contexte, un phénomène attribué principalement à l’instabilité résidentielle et aux ruptures médicales.
« Ne nous résignons pas à voir des enfants naître, vivre et mourir dans l’abri », a déclaré Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France. « Cette situation relève de notre responsabilité collective et de notre humanité ». Les deux organisations appellent les autorités publiques à réformer profondément les politiques d’hébergement pour les familles avec enfants, en mettant particulièrement l’accent sur la prise en compte des besoins spécifiques des jeunes.
Le baromètre « Enfants à la rue » 2026, publié par l’UNICEF France et la FAS, montre que cette crise sociale n’est pas une exception mais un phénomène en progression. Les solutions doivent être rapides et inclusives pour éviter que des générations entières ne subissent les effets de cet échec systémique.