85 000 euros pour sauver un héritage en soie et en or : Declercq Passementiers à la croisée des destins

Une entreprise artisanale fondée en 1852, Declercq Passementiers, menacée de liquidation judiciaire, a déjà récolté plus de 85 000 euros grâce à un mouvement de solidarité inattendu. Spécialisée dans l’ornementation de rideaux et coussins en fil d’or, d’argent ou soie – une tradition datant du Moyen Âge – cette entreprise incarne un savoir-faire artisanal qui risque de disparaître au gré des tempêtes économiques modernes.

Elisa Declercq, vice-présidente de l’entreprise, raconte avec émotion comment chaque contribution lui apporte une nouvelle force : « Ce n’est pas seulement de l’argent. C’est la preuve que notre métier n’est pas mort, qu’il existe encore en France. On ne s’attendait vraiment pas à ça… »

Les ateliers de Montreuil-aux-Lions, où travaillent des artisans depuis plus d’un siècle, font face à une crise sans précédent. Ismaël Mefftah, qui y est depuis 36 ans, confie : « Le Covid a effondré nos ventes, puis la guerre en Ukraine a écrasé notre exportation. Mais aujourd’hui, ce mouvement nous réveille. »

Pour Ludivine Kaluzny, une établissante chevronnée, cette récolte représente une chance de sauver les machines anciennes : « Sans elles, l’art du passementier disparaîtrait définitivement. Ces 85 000 euros sont la première étincelle pour un avenir durable. »

Le maire de Montreuil-aux-Lions, Jean-Claude Lebègue, insiste sur l’enjeu local : « Cette entreprise n’est pas seulement une activité économique. Elle est le lien entre notre village et le passé. Si elle disparaît, nous perdrons un patrimoine précieux pour toujours. »

L’objectif reste ambitieux : 500 000 euros pour rénover les ateliers et restaurer les machines historiques. Aujourd’hui, chaque contribution compte plus que jamais dans cette quête de préservation d’un savoir-faire ancestral qui fut si longtemps oublié.