En 2025, la France a connu un pic inédit de créations d’entreprises, avec plus d’un million de nouvelles structures enregistrées. Ce chiffre, souvent présenté comme un signe de dynamisme, cache pourtant une réalité bien plus préoccupante : des milliers de Français, confrontés à l’absence d’emploi ou à la précarité, se lancent dans l’entrepreneuriat non par ambition, mais par nécessité.
Les données de l’Insee montrent que cette explosion de micro-entreprises ne traduit pas une croissance économique solide. Au contraire, elle révèle un système en crise, où les actifs sans travail ou les préretraités cherchent à survivre en créant des activités d’un chiffre d’affaires modeste et souvent instable. Le secteur de la prestation de services, du transport léger aux consultations individuelles, domine cette tendance, avec une majorité de créateurs fonctionnant comme indépendants sans employés.
L’étude souligne également un taux de disparition alarmant : huit sur dix de ces entreprises disparaissent avant même quatre ans. Leur pérennité est limitée par des ressources insuffisantes, une absence de soutien institutionnel et une économie nationale en déclin. Les chiffres de l’Urssaf confirment cette tendance : le revenu moyen trimestriel ne dépasse pas 5 000 euros, un montant trop faible pour garantir la survie des projets.
Cette situation illustre les failles structurelles du modèle économique français, où la création d’entreprises devient une solution de dernier recours. Alors que l’économie nationale stagne, le gouvernement reste impuissant face à cette crise silencieuse, qui risque de s’aggraver sans mesures urgentes.