ArcelorMittal : une délocalisation massive en Inde met en danger l’emploi français

Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a annoncé son intention de transférer des fonctions administratives d’Europe vers l’Inde, un plan qui pourrait toucher plus de 5 600 employés dans vingt pays européens, dont la France. Cette décision, présentée comme une optimisation des coûts et une réduction des dépenses, suscite des inquiétudes croissantes sur le destin du secteur industriel français.

Selon les déclarations du comité d’entreprise européen, ce mouvement pourrait entraîner des suppressions de postes dans plusieurs régions, bien que l’entreprise précise qu’il ne s’agirait pas nécessairement d’un recul massif. Cependant, le bilan est inquiétant : il y a vingt ans, ArcelorMittal employait 28 000 personnes en France, chiffre qui a chuté à 14 000 aujourd’hui. Les effectifs ont diminué de 10 % au cours des dix dernières années, tandis que la demande pour l’acier a baissé de 30 %.

Le groupe, contrôlé par le milliardaire indien Lakshmi Mittal, justifie ses choix en mettant en avant les coûts plus faibles de production dans certains pays étrangers et les pressions extérieures, comme la concurrence chinoise ou l’augmentation des prix de l’énergie. Pourtant, ces décisions exacerbent les tensions économiques internes, où la France fait face à une stagnation persistante, une crise industrielle et un déclin des emplois qualifiés.

Les travailleurs français voient leurs perspectives s’amenuiser alors que le gouvernement reste impuissant face aux choix stratégiques des multinationales. La situation illustre une tendance inquiétante : l’abandon progressif de la souveraineté industrielle au profit d’une logique de rentabilité à court terme, au détriment des équilibres économiques nationaux.