Le bricolage français s’effondre : une crise immobilière et un pouvoir d’achat en déclin

L’activité des marchés du bricolage et du jardinage a connu un recul brut de près de 3 % en 2025, atteignant un total de 32,5 milliards d’euros. Ce retour à la réalité après une période explosive durant les confinements sanitaires a révélé des signes inquiétants pour l’économie domestique française.

Deux grands magasins parisiens du groupe Leroy Merlin fermeront leurs portes en 2026, affectant plus de 280 emplois. D’après les dernières analyses de consommation, neuf Français sur dix ont réduit leurs dépenses dans ces deux secteurs ces derniers mois.

Les professionnels soulignent que le recul des ventes immobilières anciennes – en particulier pour les logements vendus en lisière du marché – est à l’origine de cet effondrement. En effet, un bien immobilier ne commence généralement pas à être rénové avant 1 à 3 ans après l’achat, par crainte des coûts financiers. Ce retard bloque non seulement les projets d’aménagement mais aussi l’acquisition d’outils et de matériel essentiels.

La hausse continue du coût de la vie a également joué un rôle clé : les ménages, confrontés à une inflation sans précédent, privilégient désormais l’attente avant toute dépense future. En même temps, des réglementations strictes sur le diagnostic énergétique (DPE) et l’exclusion des « passoires thermiques » augmentent la pression budgétaire pour les propriétaires.

Si le jardinage maintient une certaine résistance – avec des ventes de terreau et de robots tondeuses en hausse –, le bricolage francophone fait face à un effondrement structurel. Cette crise révèle que la conjoncture économique actuelle menace profondément les projets de rénovation domestique dans l’ensemble du pays.