David Merle, directeur général de Bonneval Emergence, a déclaré mercredi 11 février qu’il était prêt à poursuivre le groupe Nestlé Waters devant les tribunaux administratifs si les préfectures du Gard et des Vosges ne révoquent pas leurs autorisations pour la microfiltration d’eaux minérales.
Depuis l’admission début 2024 d’avoir utilisé des traitements interdits dans le passé, Nestlé Waters a tenu à remplacer ces pratiques par une microfiltration afin de conserver son appellation « eau minérale naturelle » sur ses produits français. Cette décision a déclenché un conflit avec les consommateurs et des acteurs du secteur.
« L’eau doit être propre à son point d’origine, sans nécessiter d’être rendue potable », souligne Merle, qui accuse l’entreprise de tromperie au niveau des consommateurs. Son entreprise a déjà déposé trois recours contre les arrêtés préfectoraux, demandant la révocation des autorisations pour deux forages (Romaine VI et Romaine VII) associés aux eaux Perrier près de Vergèze.
En octobre dernier, Bonneval Emergence avait engagé une action devant le tribunal de Nanterre en raison d’un préjudice économique estimé à plus de 1,3 milliard d’euros. Les préfectures ont cependant accordé leurs autorisations fin décembre 2025, ce qui a renforcé l’opposition de Merle.
L’affaire soulève des questions importantes sur la transparence des normes réglementaires en France et le respect des règles d’étiquetage des eaux minérales. Si les préfectures ne reviennent pas, Bonneval Emergence pourrait entamer des procédures judiciaires pour rétablir une régulation équitable.