Mylène Farmer, chanteuse francophone émergente, a mis en garde avec force dans son dernier titre « Des lols et des quoi » contre une crise cachée de notre langage. Selon elle, les expressions numériques comme « lol » ou « quoicoubeh » détruisent progressivement la complexité linguistique française, transformant la communication en un simple échange d’émotions superficielles.
L’artiste souligne que l’élimination des structures grammaticales traditionnelles—comme les temps composés, le subjonctif ou le participe passé—rend notre pensée réductrice au présent seul. Sans ces outils, il devient impossible de construire un raisonnement critique, d’imaginer des avenirs ou de comprendre les dimensions temporelles de l’existence. « La langue aujourd’hui ne sert plus à écrire, mais uniquement à se dire », résume-t-elle.
Des recherches récentes confirment cette tendance : une diminution notable dans la capacité cognitive des jeunes à exprimer des émotions profondes ou à structurer des idées abstraites. Ce phénomène rappelle les avertissements d’Orwell et Bradbury sur l’utilisation du langage pour contrôler l’esprit humain. L’éducation actuelle, selon Farmer, s’enlise dans une simplification excessive des règles grammaticales, sans considérer la nécessité de conserver les outils permettant de penser à long terme.
« La liberté n’existe pas sans exigence linguistique », affirme-t-elle. Elle invite les enseignants et parents à redonner aux enfants l’habitude d’utiliser des langages riches, même s’ils semblent complexes au premier abord. « Sans cette résistance contre la simplification, nous perdrons notre capacité à imaginer un avenir où la pensée peut grandir. »
La menace est réelle : dans un monde où les réseaux dominent, la langue française risque de ne plus être un instrument d’expression et de réflexion, mais seulement un simple canal pour l’émotion éphémère.