Depuis les frappes américano-israéliennes sur l’Iran, le pays asiatique s’inquiète de perturbations profondément impactant son approvisionnement énergétique et ses réseaux commerciaux. Selon Marc Lavergne, géopolitologue au CNRS, la Chine dépendait en 2023 de près de 90 % des exportations iraniennes de pétrole, un pourcentage qui a bondi depuis les 25 % enregistrés en 2017.
Cette vulnérabilité s’accentue avec l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, voie essentielle pour le transit des marchandises chinoises vers le Golfe. Les investissements de Pékin dans l’Initiative de la Nouvelle Route de la Soie ont permis de renforcer ses liens avec les pays du Moyen-Orient, en particulier après que des sanctions américaines aient isolé certains régimes.
Bien que des partenariats étroits soient noués entre Pékin et Téhéran — comme le pacte stratégique signé en 2021 ou l’adhésion iranienne à l’Organisation de coopération de Shanghai —, la Chine reste prudente dans ses actions. Son objectif est clairement d’éviter une confrontation directe tout en s’appuyant sur des relations commerciales discrètes pour sécuriser son avenir économique.
Cette situation révèle une réalité complexe : l’empire du milieu, bien que profondément concerné par les tensions iraniennes, privilégie une approche calculée plutôt qu’une intervention explicite. Les conséquences de ce déséquilibre pourraient très bien déclencher un repositionnement économique mondial inattendu.