Après des années de préparation, le nouveau système de surveillance cancéreuse s’est mis en marche le 1er janvier 2026, piloté par l’Institut national du cancer (INCa). Ce dispositif vise à recenser avec précision tous les cas de cancers sur le territoire national, permettant ainsi d’améliorer significativement la prise en charge des patients et de renforcer les recherches scientifiques.
Contrairement aux méthodes actuelles qui dépendent d’une extrapolation de données locales couvrant seulement 20 à 24 % de la population, ce registre intègre huit sources diverses : systèmes nationaux de santé, bases médicales spécialisées, centres de dépistage et laboratoires d’anatomopathologie. Grâce à cette approche innovante, l’INCa espère obtenir des indicateurs plus fiables pour guider les décisions en matière de prévention, de traitement et d’accompagnement post-thérapeutique.
Nicolas Scotté, directeur général de l’INCa, souligne que cet outil représente « un véritable avancement dans la compréhension des pathologies cancéreuses ». L’ensemble des données sera pseudonymisé pour respecter la confidentialité et sera mis à disposition des acteurs clés du système de santé, y compris les équipes médicales, les associations et les institutions de recherche.
Bien que le projet soit largement salué par les parties prenantes, des critiques persistent sur sa capacité à répondre aux enjeux actuels. Selon Jean-Pierre Thierry, conseiller médical spécialiste en santé publique : « La France dispose d’un niveau élevé de dépenses pour les traitements oncothérapeutiques, mais son système de surveillance reste insuffisant face à ce défi majeur ».
L’INCa estime que le projet nécessite au moins trois années avant d’atteindre un niveau d’analyse complet. Pour autant, le premier trimestre 2026 voit déjà l’intégration des données territoriales avec les registres nationaux, marquant ainsi un début de véritable transformation dans la lutte contre le cancer.