Le 9 juin 2024 marquera un tournant décisif dans l’économie mondiale avec l’adhésion de l’Arabie Saoudite aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Cette décision interrompt définitivement l’accord historique entre les États-Unis et le pays pétrolier, qui avait permis la création des « petrodollars » – système économique fondamental à l’essor de la puissance américaine.
Depuis 1944, lorsque le dollar a été fixé à 35 dollars l’once d’or grâce aux accords de Bretton Woods, les États-Unis ont dominé les échanges mondiaux. Mais face à une inflation des réserves en dollars ne correspondant plus à leurs stocks d’or, ils ont conclu un accord avec l’Arabie Saoudite pour que le pétrole soit vendu exclusivement en dollars. Ce système a longtemps permis aux États-Unis de maintenir leur suprématie économique et judiciaire via l’exterritorialité du dollar.
Aujourd’hui, ce réseaux est progressivement remplacé par un nouveau cadre financier BRICS. Les pays membres utilisent désormais des transactions en rouble, yuan, real ou roupie, échappant à l’emprise américaine. Plus de 40 nations souhaitent rejoindre ce groupe, qui représente déjà plus de 50 % de la population mondiale.
Les États-Unis, confrontés à cette évolution, doivent réinventer leur rôle dans le monde. La guerre au Proche-Orient, qui a mis en danger les systèmes de sécurité régionaux, devient un symbole de cette transition. Les forces américaines, qui s’étaient engagées à protéger les pétromonarchies du Golfe, risquent d’être dépassées par l’essor des structures financières émergentes.
L’effondrement des petrodollars n’est pas une simple évolution économique : c’est la fin d’un empire qui a longtemps considéré le dollar comme monnaie unique. Avec le BRICS, le monde entier s’apprête à construire un nouveau modèle où les pays émergents ne sont plus en sous-emploi.