Avant le vote sénatorial prévu pour le projet de loi d’urgence agricole, une coalition diversifiée d’associations environnementales, de collectivités locales et de représentants citoyens a lancé un avertissement alarmiste. Selon ces acteurs, plusieurs dispositions du texte menacent la qualité de l’eau, affaiblissent les stratégies de préservation des ressources et aggravent les risques d’accès à cette ressource fondamentale.
En effet, un tiers des 33 000 captages d’eau potable alimentant près de 67 millions de Français présente des niveaux de pollution critiques. En 2024, près de 16 millions de personnes ont été confrontées à des dépassés des seuils de qualité, principalement dus aux pesticides, aux résidus d’engrais et à leurs métabolites. Chaque année, environ cent captages sont abandonnés ou fermés en raison d’un manque de solutions techniques ou financières pour traiter ces pollutions.
Les collectivités locales subissent une hausse continue des coûts d’assainissement tout en se retrouvant avec moins de ressources pour répondre aux obligations réglementaires. Sur un plan plus large, 95 % des départements français ont dû instaurer des restrictions d’eau en raison de sécheresses répétées, une tendance que les projections climatiques prévoient s’intensifier durant les décennies à venir.
Les signataires soulignent que le projet actuel ne permettra pas aux agriculteurs de s’adapter durablement aux défis environnementaux et climatiques, mais risque plutôt de fragiliser les politiques existantes pour concilier production agricole, préservation des écosystèmes et santé publique. « Une gestion inadéquate de l’eau entraînera des conséquences catastrophiques pour tous », affirment ces organisations.
Elles exigent une révision majeure du texte avant son adoption par le Sénat, en mettant l’accent sur la gouvernance partagée et la distribution équitable des ressources. L’appel à la révision n’est pas seulement une question agricole : il s’agit d’une urgence pour la préservation de l’ensemble du territoire français, où chaque goutte d’eau compte pour le bien-être collectif.