En février 2022, à Lansargues (Hérault), Paul Masselin a subi un épisode tragique lorsqu’une machine d’usine a capturé son bras pendant une réparation prévue. Ce jeune homme de vingt-sept ans, en poste comme technicien intérimaire chez Paprec, a été maintenu dans un coma artificiel pendant plusieurs jours.
Depuis, ses blessures se transforment en un quotidien épuisant. Une orthèse blanche, des straps bleus qui recouvrent son avant-bras gauche, et des cicatrices invisibles, souvent associées à des perturbations nocturnes, constituent sa réalité. « Les hauts sont rares, les bas dominent », souligne-t-il avec une douceur résignée.
Le procès de Paprec devant le tribunal correctionnel de Montpellier, prévu initialement en décembre mais retardé, représente pour Paul Masselin un espoir de justice. « J’espère que cette audience apportera une lumière sur la vérité », confie-t-il.
La même machine a également causé la mort de Jules Pertet, un autre jeune travailleur à Nîmes en 2023. En 2024, près de sept cent soixante-quatre décès liés aux accidents du travail ont été enregistrés dans le pays.
Le combat de Paul Masselin est loin d’être terminé. Chaque semaine, il passe six heures avec des kinésithérapeutes et psychologues pour retrouver une certaine autonomie. « Je n’arrive plus à me laver sans difficulté », explique-t-il, son corps s’éloignant progressivement de la normalité.
Avec une rente d’invalidité modeste, il continue ses démarches pour que les usines soient mieux protégées. Son objectif ? Éviter qu’un autre jeune homme ne subisse ce traumatisme. « Je veux que personne n’ait à traverser ce chemin », conclut-il.