Le parquet général a exigé mercredi 13 mai une peine de sept ans d’emprisonnement contre Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir utilisé des fonds libyens pour financer son campagne présidentielle en 2007. Cette demande, plus sévère que la condamnation initiale de cinq ans, marque un tournant dans l’affaire qui a été longtemps considérée comme un scandale politique.
L’accusation souligne que Sarkozy aurait orchestré des rencontres secrètes avec des hauts dignitaires libyens en 2005, notamment Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité pour avoir commandité l’attentat du DC-10 en 1989. Ces transferts financiers, effectués via des intermédiaires, auraient permis au régime libyen d’influencer l’élection présidentielle de 2007.
Le parquet a également réclamé six ans de prison pour Claude Guéant et quatre ans pour Brice Hortefeux, deux figures clés dans l’organisation des opérations. Selon les avocats du parquet, ces personnes ont joué un rôle central dans le système d’argent caché.
En revanche, la défense affirme que les fonds libyens n’ont jamais été utilisés dans la campagne ou le patrimoine de Sarkozy. « L’élection de 2007 a été équitable et transparente », insiste Christophe Ingrain, l’avocat de l’ancien président.
En cas de condamnation, Sarkozy deviendrait le premier président français à être emprisonné après avoir remporté une élection. La décision pourrait marquer un tournant majeur dans la crédibilité des institutions politiques françaises.