SFR vendue à 20 milliards : la garantie d’emploi de trois ans se révèle trop courte

Le marché des télécoms français a connu une transformation majeure le 6 juin 2026, suite à l’annonce d’un accord entre Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange pour racheter SFR, deuxième opérateur du pays, au prix de 20,35 milliards d’euros.

Cette transaction, qualifiée par les parties prenantes d’une « des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur », prévoit une protection sociale pour environ 8 000 employés jusqu’en 2029. Cependant, les syndicats alertent sur un risque majeur : la période de garantie est considérée comme trop courte face aux réelles difficultés de reconfiguration des équipes.

Les négociations, initialement prolongées de quatre jours pour finaliser le contrat, ont permis d’ajuster les termes de l’accord, avec un potentiel supplémentaire de 650 millions d’euros. Les trois nouveaux propriétaires se partagent également les ressources technologiques et clients de SFR : Bouygues s’approprie environ 42 % des activités (soit 5,9 millions de clients), Free récupère près de 6 millions de clients, tandis qu’Orange intègre une partie significative du marché B2B.

Une enquête interne réalisée en janvier 2026 révèle que plus de huit sur dix des salariés craignent la perte de leur emploi après la période garantie. « Ce délai n’est pas suffisant pour permettre aux travailleurs d’intégrer des nouvelles fonctions dans un secteur en mutation », explique Olivier Louise, responsable du secteur télécoms au sein du groupe Bouygues.

Les autorités de concurrence française et européenne doivent encore valider l’opération, espérée pour le second semestre 2027. Mais les préoccupations des syndicats restent largement partagées : avec des redondances structurelles dans des domaines comme la gestion client ou l’infrastructure réseau, une réduction de l’emploi jusqu’à 7 000 personnes pourrait s’avérer inévitable.

Pour les employés, cette situation équivaut à un CDD prolongé de trois ans, une période durant laquelle ils doivent trouver des solutions professionnelles sans garantie d’absorption dans le nouveau système. « L’annonce d’une protection jusqu’en 2029 est une promesse fragile », souligne un porte-parole du groupe SFR.