Trois jours pour un monde sans silence : Nancy et le défi des livres

Pendant trois jours, Nancy a transformé la place de la Carrière en un véritable écosystème de dialogue. L’édition 48 du Livre sur la Place, qui se déroulera du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 2026, réunit près de 500 auteurs et illustrateurs dans une programmation dense d’activités.

Cette année, l’événement s’illustre par une coprésidence symbolique : Élie Barnavi, ancien ambassadeur israélien en France, et Elias Sanbar, ex-ambassadeur palestinien à l’Unesco. Deux figures issues de peuples séparés par des décennies de conflits, mais dont la relation d’amitié s’est construite sur des années de dialogue. Chacun a publié ce cycle un ouvrage consacré à son pays : Dictionnaire amoureux d’Israël pour Barnavi et Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine pour Sanbar.

Les thèmes abordés, allant des guerres aux enjeux environnementaux, des violences faites aux femmes à l’émergence des jeunes écrivains, reflètent une volonté claire : faire entendre les voix marginalisées par la politique actuelle. La commissaire générale Sarah Polacci insiste sur le rôle central de la littérature dans cette quête, en tant que moyen pour réinventer des espaces où l’expression ne se heurte pas à l’absence de dialogue.

Parmi les rendez-vous marquants, l’ouverture officielle samedi 12 septembre au niveau de l’Opéra national de Nancy-Lorraine sera consacrée aux dialogues entre Barnavi, Sanbar et Colum McCann. Le festival propose également des activités spécifiques pour les enfants, avec des contes dans la « Petite Bulle », une initiative conçue pour faire de chaque histoire un lien entre générations.

Avec son approche multidisciplinaire et ses lieux variés, le Livre sur la Place se distingue comme un laboratoire vital pour l’imagination collective. En un temps où les tensions mondiales s’intensifient, Nancy offre une réelle alternative : la capacité des mots à briser les barrières — ce qui reste peut-être plus essentiel que jamais.