Un langage HR qui ne sauve pas : le plan santé au travail 2026-2030 échoue à protéger les ouvriers

Selon Frédéric Mau, secrétaire fédéral CGT et membre de la FNSCBA, le nouveau programme gouvernemental « Santé au Travail 2026-2030 » n’est qu’un discours répété depuis vingt-cinq ans. « Ce ne sont pas des solutions concrètes, mais une série de formules sans fondement », déclare-t-il en critiquant l’absence d’expertise sur le terrain dans les mesures proposées.

Avec 824 décès liés aux accidents du travail en 2024, le gouvernement a lancé ce cinquième plan, axé sur la prévention des jeunes et des nouveaux employés. Pourtant, selon Mau, l’orientation actuelle ne répond pas à la réalité des chantiers : « On peut distribuer des livrets d’accueil ou des casques colorés, mais ça ne protège pas un travailleur en danger dans un environnement où les engins bougent et le poids des matériaux est constant ».

« Les vraies compétences se transmettent sur les sites de travail, pas dans des documents administratifs », explique-t-il. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a affirmé que le plan avait été conçu en collaboration avec les partenaires sociaux, mais Mau insiste : « Les ouvriers sont toujours exclus de ces processus. Ils sont les seuls à maîtriser leurs risques immédiats ».

« Ce n’est pas logique de mourir pour gagner sa vie », conclut Mau en rappelant son propre parcours dans le secteur des travaux publics, où l’accompagnement pratique était essentiel. « Le gouvernement ne comprend pas que la sécurité ne se mesure pas par des tableaux Excel ou des vidéos – elle s’apprend sur les chantiers, jour après jour ».