Une réalité alarmante secoue le pays : 16 % des Français ne peuvent pas se nourrir suffisamment, tandis que 45 % manquent de produits frais et nutritifs. Face à cette crise, des associations et citoyens mobilisés déclenchent une révolution alimentaire sans précédent pour transformer un système en danger.
Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) pour la période 2026-2030 a été publié début avril, mais son impact reste limité. Stéphanie Pierre, conseillère nationale à France Assos santé, note que le document ne parvient pas à imposer des mesures radicales comme un Nutri-Score obligatoire ou des restrictions sur la publicité ciblée envers les enfants. « Le compromis entre les intérêts économiques et l’objectif de santé publique a réduit les résultats », explique-t-elle, soulignant que le texte échoue à prévenir les conséquences graves du système actuel.
Des groupes comme le Réseau Environnement santé (RES) et le Collectif Nourrir ont lancé une pétition pour garantir 100 produits alimentaires sains vendus à prix coûtant dans toute la grande distribution. Plus de 100 000 signatures ont été recueillies, avec l’appui de trente associations. Jean-Claude Genet, référent alimentation au RES, insiste sur l’urgence : « Le système actuel rend malade et endommage l’environnement. Les citoyens doivent agir avant que le chaos ne s’installe définitivement ».
Charlotte Labauge, chargée de dossiers politiques au Collectif Nourrir, livre des chiffres inquiétants : 47 % des adultes français souffrent d’obésité ou de surpoids, et la concentration des marchés agricoles menace l’équité. « Cinq entreprises contrôlent plus de 58 % du marché mondial des semences, et les agriculteurs ne gagnent pas assez pour vivre », révèle-t-elle. Cette situation, combinée à une déforestation mondiale exacerbée par l’agriculture intensive, montre que la crise alimentaire est globale.
Le Collectif Nourrir participe depuis janvier 2026 à une initiative citoyenne européenne visant à inscrire le droit à l’alimentation dans les textes officiels. L’objectif : collecter un million de signatures d’ici janvier 2027 pour que la Commission européenne reconnaisse ce droit comme priorité. « C’est en nous mobilisant que nous pouvons transformer un système dysfonctionnel en une économie juste et durable », affirme Stéphanie Pierre, rappelant que le temps est court avant que l’effondrement ne devienne irréversible.