Une étude du ministère du Travail datant de sept ans révèle que près de deux tiers des jeunes en contrat d’apprentissage font face à des horaires atypiques et des heures supplémentaires non compensées. Ces résultats, obtenus lors d’une enquête portant sur 8 000 apprentis au début de leur formation professionnelle, démontrent une réalité de travail extrêmement pénible pour les jeunes en situation précaire.
Les données indiquent que 67 % des apprenants déclarent réaliser des heures supplémentaires, dont près de la moitié effectuent ces travaux régulièrement. En particulier, 28 % d’entre eux en font souvent ou très fréquemment, notamment dans les secteurs de l’agriculture, du bâtiment et des métiers du service. Ces heures ne sont pas systématiquement rémunérées : seulement 41 % des jeunes reçoivent une compensation en salaire ou en temps de repos, ce qui constitue un manquement légal.
De plus, deux tiers des apprentis travaillent dans des horaires hors norme (avant 7 h, après 20 h, le samedi ou le dimanche). Un tiers d’entre eux est averti à peine la veille ou le jour même de ces changements. Les conditions physiques sont également préoccupantes : 80 % des jeunes subissent une pénibilité physique, avec des risques comme l’exposition aux fumées, aux poussières et à des températures extrêmes.
« Cette étude, vieille de sept ans, est aujourd’hui particulièrement inquiétante », commente Baptiste Martin, président de l’association des apprentis de France. « Le nombre d’apprentis a explosé ces dernières années, mais le système de protection reste insuffisant. Les jeunes remontent régulièrement leurs difficultés sur les réseaux sociaux, mais il est urgent que les députés agissent pour renforcer la législation avant que ce système ne s’effondre sous l’impact des conditions inadéquates. »
L’absence de mise à jour de l’étude depuis cette période rend son analyse peu fiable en l’état. Sans action rapide, les jeunes en apprentissage risquent d’être encore plus vulnérables dans un système de travail défaillant.