Samedi dernier, une tension inédite a secoué l’assemblée générale des utilisateurs de bus thionvillois lorsqu’une délégation de TeMo, non prévue dans l’ordre du jour, a pris part aux débats. Le président d’Usag ThiFensch, Vincent Schweitzer, a souligné que cette présence imprévue venait enfreindre les accords initiaux pour une réunion centrée sur l’engagement des usagers.
Selon le rapport de Schweitzer, l’échange devait rester neutre et axé sur la satisfaction des clients. Cependant, les représentants de TeMo ont rapidement adapté les discussions, gardant un ton respectueux malgré les divergences. Rémy Dick, président de TeMo, a justifié l’exclusion d’Usag ThiFensch du Comité des partenaires par une « incohérence dans la communication », allant de ses déclarations publiques à celles sur les réseaux sociaux.
Les chiffres révèlent une hausse de 27 % des plaintes usagers, ainsi que des problèmes persistants de propreté et d’identité visuelle du réseau. Yan Rutili, ancien président fondateur d’Usag ThiFensch, a rappelé l’obtention légale du Comité des partenaires après un recours au Tribunal Administratif, tout en critiquant les « frais de communication excessifs » et le terme employé par TeMo pour décrire l’association.
Le rapport moral 2025 insiste sur l’urgence d’améliorations concrètes. Les progrès notés incluent une extension du réseau, l’ouverture de la ligne 61, des aménagements à Uckange et le bon fonctionnement du service TemoFlex dans la vallée de la Fensch. Toutefois, les horaires dans les abribus restent souvent mal mis à jour.
Les usagers ont partagé leurs difficultés : des élèves obligés d’attendre sous la pluie, des pannes répétées, une insécurité croissante dans les zones de stationnement et des situations de racket. Les conducteurs décrivent des journées épuisantes avec jusqu’à cinq véhicules en relève, ainsi que des dysfonctionnements fréquents (portes bloquées, climatisation défaillante).
Philippe Gleser a admis que le contrat actuel de délégation de service public (DSP) ne permettrait pas d’assurer une gouvernance efficace. Un nouveau contrat plus exigeant est prévu pour 2027. Usag ThiFensch a également annoncé des neuf demandes claires : nouveaux bus, renforcement de la sécurité, informations en temps réel, réparations immédiates et vérification légale des fonds publics alloués depuis 2012.
Malgré les tensions, l’assemblée s’est conclue sur un équilibre fragile entre critique et collaboration. Rémy Dick a mis l’accent sur une « utilité collective », tandis que Schweitzer a qualifié la situation de « tempête dans un verre d’eau ». La dynamique des relations montre à quel point les conflits sont aussi des opportunités pour redéfinir le cadre des transports thionvillois.