En avril 2020, quelques semaines après le début du premier confinement national, une salariée d’une entreprise de technologie a été licenciée pour des motifs jugés graves par son employeur. Cette femme, responsable du marketing en ligne et de la conception graphique, avait été accusée d’utiliser systématiquement sa messagerie professionnelle pour envoyer des messages non liés à son travail. Son employeur reprochait notamment l’emploi de termes désobligeants envers ses supérieurs, tels que « trop réactive » et « incapable de coordonner les équipes ».
L’employeur avait également souligné qu’elle avait influencé une collègue, qui ne bénéficiait pas du télétravail, à rentrer chez elle en raison des tensions liées à la crise sanitaire. La salariée a porté plainte devant le conseil des prud’hommes, invoquant les libertés fondamentales de l’intimité et de l’expression personnelle. Elle affirmait avoir le droit d’utiliser brièvement sa messagerie pour se ressourcer.
Cependant, la cour d’appel d’Agen a confirmé son licenciement en faute grave. L’arrêt a précisé que les messages ne pouvaient être considérés comme privés car l’employée n’avait pas indiqué « confidentiel » ou « personnel » dans l’objet des emails. De plus, leur ton était jugé injurieux et diffamatoire. Cette décision a été confirmée par la Cour de cassation en janvier dernier.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur les limites à respecter entre vie professionnelle et personnelle dans un contexte digital de plus en plus interconnecté.