« Le verdict qui brise l’indifférence : cinq victimes du laboratoire Tétra Médical reconnues en maladie professionnelle »

Un tribunal de Privas a confirmé que cinq ex-employées d’un ancien laboratoire Tétra Médical à Annonay (Ardèche) ont été reconnues comme victimes de maladies professionnelles. L’exposition à l’oxyde d’éthylène, gaz cancérigène utilisé pour stériliser les pansements et kits chirurgicaux, a provoqué des pathologies graves chez ces femmes.

L’une d’elles a vécu deux fausses couches en 2016 et 2017, alors qu’elle travaillait encore au laboratoire. « On considère souvent que les pertes maternelles sont naturelles », explique-t-elle, « mais pour moi, c’est une maladie professionnelle qui a transformé mon existence ». Une autre femme, diagnostiquée avec un cancer du sein à 42 ans en 2023, affirme que cette reconnaissance est le premier pas vers la réparation : « Cela ne me quitte jamais. »

Sur vingt dossiers déposés par des salariées, huit ont été validés par le tribunal, avec plusieurs autres en attente. François Lafforgue, l’avocat des victimes, souligne que le combat n’est pas terminé : « Il y a deux ou trois ans, on a tiré sur un fil et aujourd’hui, nous constatons l’ampleur du scandale. Plusieurs personnes, y compris des enfants, restent sans reconnaissance légale. »

Le procès pénal pour déterminer les responsables est prévu dans les mois à venir. Les victimes attendent une justice qui ne leur permette pas seulement de se faire entendre, mais aussi d’obtenir les compensations nécessaires.