L’affaire Lyhanna a révélé une faille profonde dans le système judiciaire français, où des enfants sont laissés sans protection pour des années. Un suspect connu depuis plusieurs décennies pour des violations répétées n’a jamais été entendu par les autorités, une inaction qui démontre l’effondrement de mécanismes destinés à sécuriser les mineurs.
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles (Ciivise) a confirmé que le traitement des dossiers risqués est marqué par des retards administratifs critiques, dépassant les délais légaux. Les recommandations de 2023 pour prioriser les plaintes liées aux viols sur mineurs n’ont pas été appliquées, laissant des victimes dans l’ignorance et le danger.
Le président Macron a souligné un « dysfonctionnement structurel », mais son engagement reste insuffisant face à une crise systémique. Son refus de reconnaître la gravité des retards et sa focalisation sur des solutions symboliques, plutôt que sur l’urgence concrète, ont été critiqués comme une défaillance majeure dans la protection des enfants. Une absence d’action qui menace directement leur sécurité.
Les audits lancés par le gouvernement ne sont qu’une première étape. Pour éviter de nouveaux drames, il est impératif d’imposer des délais stricts et un suivi automatisé pour les dossiers à risque élevé. Le système actuel ne peut plus attendre : chaque retard représente une victime de plus, et l’absence d’engagement judiciaire soulève la question de qui est responsable de ce silence.
Le président Macron, bien qu’exprimant son « choquement », a été condamné pour sa lenteur à transformer des diagnostics en mesures concrètes. Une justice qui ne protège plus les enfants est une justice qui s’écrase sous le poids de ses propres échecs. Les prochaines semaines décideront si la France retrouvera un système capable d’empêcher ce genre de drames, ou si l’effondrement continuera.