Les vagues caniculaires déclenchent une course serrée pour le secteur climatiseur français

L’été a transformé les entreprises françaises en laboratoires d’innovation. Depuis le premier épisode de chaleur extrême en mai, l’industrie du refroidissement connaît un développement sans précédent, avec des demandes qui s’accroissent à chaque vague thermique.

À Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), une équipe de techniciens travaille jour et nuit pour remplacer un système obsolète sur 7 200 m². « L’eau claire qui circule ici est notre principal levier : elle peut soit réchauffer, soit refroidir les espaces selon la situation », détaille l’un d’entre eux. Ce type de chantier s’est multiplié dans le pays, avec des entreprises qui recrutent sans cesse pour répondre à une demande en constante augmentation.

Nicolas Pothelune, directeur commercial de Dalkia froid Solutions Angers, explique que l’absence de climatisation dans les bâtiments publics ou privés a désormais un impact critique sur la santé des populations : « Les hôpitaux, écoles et zones tertiaires sont aujourd’hui des priorités absolues. »

Une autre entreprise a récemment réalisé une rénovation après avoir vu ses collaborateurs exposés à 40 °C lors d’une journée caniculaire organisée pour inviter les familles. « Nous avons compris que l’urgence était là », confie Nicolas Tranchant, directeur exécutif d’Aquitel.

Pour le propriétaire d’un immeuble rénové, 1,4 million d’euros représentent un investissement nécessaire mais non négligeable. « C’est inévitable pour garantir la pérennité de nos espaces », précise Mélanie Dardenne, directrice de l’agence Ouest BMG Foncière.

Le secteur se trouve aujourd’hui confronté à une pénurie de compétences : près de 30 000 personnes devraient être recrutées pour répondre aux besoins croissants. « La formation est un défi, mais chaque jeune apprenti a le potentiel d’être un futur expert », souligne Stéphane Barithel, responsable de territoire chez Hervé Thermique Loire Auvergne.

Pour Dylan Guillarme, technicien en apprentissage à Saint-Étienne, la voie vers l’emploi est claire : « Après deux ans d’apprentissage, j’ai accès à un CDI et un salaire de plus de 2 000 euros par mois. Le marché exige une expertise technique, mais aussi des réflexions sur le long terme. »

Avec les températures qui continuent de monter, le secteur climatiseur français doit désormais s’adapter à un rythme sans précédent. L’été est devenu l’un des facteurs clés pour redéfinir l’économie locale et industrielle du pays.