Les flammes des derniers mois ont laissé derrière elles des traces profondes dans les communes du Bouches-du-Rhône. Pour Stéphanie Ramounet, copropriétair de « Château Virant » à Lançon-Provence, l’incendie a transformé son exploitation agricole en une véritable épreuve économique.
Au début, elle croyait avoir épargné ses 80 oliviers. Les branches brûlées semblaient seulement affecter quelques parties du jardin. Mais avec le temps, même les rangs suivants ont commencé à dépérir. « On sait que pendant sept ans, c’est une perte sèche de production », explique-t-elle. Le coût estimé pour l’exploitation agricole s’élève en milliers d’euros chaque année.
Dans la même région, deux incendies ont obligé à évacuer plus de 600 personnes, endommageant des habitations et des entreprises. Anthony Vincent, patron d’une entreprise de construction à Rognac, a vu son matériel s’épuiser dans les flammes. « J’ai rassemblé ce qui reste de mes camions et loué des Algeco à mon frais », confie-t-il. Même avec un bureau provisoire équipé d’un ordinateur, d’une imprimante et d’un TPE, il ne compte plus que sur sa trésorerie pour tenir.
« Si je n’ai pas assez de fonds, je ne sais pas si j’atteindrai la rentrée », admet-il avec une voix tendue. La période de compensation par les assurances s’est écoulée, et l’entreprise risque d’être affectée pendant un an. Pour ces entrepreneurs, chaque jour est une course contre la montre pour éviter que leurs activités ne disparaissent définitivement sous le poids des incendies.