Selon une étude récente réalisée par l’APEC, près d’un quart des femmes françaises craignent d’enquêter sur le niveau de rémunération de leurs collègues, contre seulement 32 % des hommes. Cette différence s’explique principalement par la peur d’être jugée ou perçue de manière négative par leur supérieur hiérarchique.
L’association a interrogé 2000 cadres du secteur privé en décembre dernier pour évaluer leur confiance dans la transparence salariale. Les résultats révèlent que 40 % des femmes se sentent peu à l’aise ou pas du tout à l’aise pour demander le niveau salarial moyen de leurs équivalents, alors que seulement 32 % des hommes partagent cette inquiétude.
Un autre élément clé est que près d’un quart des femmes pensent que leur demande ne modifie pas leur situation professionnelle, contre moins de 1 sur 3 des hommes. « Les femmes perçoivent souvent qu’elles doivent fournir plus d’efforts pour obtenir une augmentation que leurs collègues masculins », explique Hélène Garner, directrice des études à l’APEC.
Bien que les écarts salariaux aient diminué de 33 % au cours des trois décennies passées, l’Insee indique que ce fossé reste stable à environ 6,8 % aujourd’hui. Ce pourcentage n’a pas varié depuis 2017, malgré la création d’un index sur l’égalité professionnelle.
En outre, cet écart augmente avec l’âge : après 55 ans de carrière, il atteint 12 %. Les femmes sont plus sensibles aux inégalités dès le début de leur parcours professionnel et enregistrent des difficultés à obtenir des augmentations comparables.